#6 – Affiner mon projet - Journal de Bord d'une Reconversion

Mis à jour : il y a 6 jours

Dans ma transition professionnelle, j'ai déjà creusé quelques pistes enthousiasmantes mais là, c'est l'été, j'ai besoin de légèreté... Je repense alors à mon projet de lieu touristique... et décide de poursuivre mes recherches dans le secteur des loisirs, cool :)




Été 2020


S'inspirer d'écolieux touristiques vibrants


Dans ce projet de reconversion professionnelle, je tâtonne beaucoup. Et, lorsque l'on ne choisit pas un métier précis avec une formation adaptée et des compétences identifiées, ce n'est pas évident de communiquer sur ses "pistes". Tout parait flou... Heureusement, un entourage bienveillant se fait toujours un plaisir de partager des idées. En ce qui me concerne, j'ai la chance d'avoir obtenu de nombreux contacts simplement en échangeant de façon informelle avec des personnes de tout horizon.


>> Tip du jour : Parler tout haut de ses idées, même si elles semblent totalement fouillies et décousues. A posteriori, je réalise à quel point oser s'exprimer sur ses envies professionnelles et projets de transition, aussi farfelus soient-ils, est indispensable !

Parmi les idées collectées, il faut bien sûr savoir faire du tri ! Je les rassemble en une liste qui prend de l'ampleur et part dans tous les sens, encore une fois... Je fais alors une sélection de celles qui m'ont le plus enthousiasmée et, pour avancer, je décide de lister les raisons de ce choix:


  • Monastère de Sainte Croix dans la Drôme. Ce qui me plait c'est ce bâtiment chargé d'histoire, situé au cœur du parc naturel du Vercors. C'est aussi le statut de SCIC Société coopérative d'intérêt collectif . Et bien sûr la dynamique du lieux qui propose des évènements et séminaires, festivals et spectacles, produits du terroirs, visites guidées du jardin ethnobotanique de plantes aromatiques et médicinales... Un juste équilibre de nature, patrimoine et rencontres !

  • Le Domaine du Taillé en Ardèche. Je tombe sous le charme de l'esthétisme de ces villas zen, chalets et yourtes construits en matériaux naturels, parfaitement intégrés au décor verdoyant. Ce centre de villégiature offrant une cuisine locale et biologique semble très authentique et reposant. Il accueille des séminaires mais surtout des séjours ressourcement et bien-être en tout genre (parfois un peu perchés je l'avoue !). D'ailleurs, il est totalement full sur les prochains mois ! Je m'interroge simplement sur mon éventuel emploi dans une structure de cette taille. Souvent les gens qui ont créé le lieu, le gèrent eux-mêmes. Ils recrutent très peu... Comment et quel type de poste pourraient-ils financer ?

  • La palme revient à "La Kambrousse" dans le Poitou. Co-fondé par le globe-trotteur-réalisateur du documentaire « En quête de sens ", cet immense écrin de verdure se définit comme un "lieu d'émergence et de régénération". Il accueille des stages, retraites et résidences. J'aime la philosophie et la simplicité du lieu.


Me voilà bien inspirée !


Et pour une approche beaucoup plus simple et pragmatique, je me rends dans le camping fleuri et plein de charme d'à côté de chez moi. Je suis accueillie par le propriétaire des lieux, âgé de 80 ans qui m'explique très simplement que pour gérer un camping, "il suffit d'avoir un camping !" . "Et c'est tout?" je demande. "Oui, ben, vous pouvez vous inscrire sur les annuaires" et d'ajouter "Un jour, l'administration est venue faire l'inspection, ils m'ont mis 4 étoiles, j'avais rien demandé". La logistique est très simple selon lui : « vous savez faire le ménage quand même ?! ». Et les réparations ?« oui, quelques bricoles » et pour les espaces verts ? «Je fais à mon rythme, là par exemple, il faut que je taille quelques arbustes, mais je finirai tranquillement la semaine prochaine ». La vie semble douce... cela me laisse songeuse.

Reste la question des horaires et de la saisonnalité. Je n'aimerais pas avoir le sentiment d'être attachée géographiquement à un endroit. Par contre, j'aime l'idée d'avoir une saison creuse où je pourrais partir plus loin, en slow travel...


Je retiens l'idée d'une activité plus récréative. Après tout, mon secteur de prédilection reste le tourisme !




Ne pas rester seule


Au fil de mes réflexions personnelles, je réalise que mon projet professionnel aurait plus de chance de réussir à plusieurs personnes. Après tout, j’axe ma reconversion vers le partage et la rencontre. Et le financement est un point sensible qui pourrait être allégé grâce à la co-création. Je me rappelle alors que, dans mon entourage, plusieurs collègues et amies ont un projet de réorientation professionnelle à travers la création d'un lieu : l'une rêve d'une ferme pédagogique, l'autre d'un gîte avec table d'hôte gourmande, une encore d'un ryokan (auberge traditionnelle japonaise, située souvent en bord de rivière pour offrir des bains thermaux), une enfin rêve de retaper la vieille ferme de son papa pour pratiquer la permaculture et accueillir des stages de musique et de Français pour les British... !

Une fois encore, j'ai besoin de partager tout haut cet enchaînement d'idées pour avancer et faire un autre pas.

Cette étape franchie, je commence alors à fouiller sur le Bon Coin, en quête de lieux immenses dans un cadre bucolique, avec un budget plus large (si on est 3 ou 4 couples, ça épaissit l'enveloppe budgétaire non?). Je me surprends à imaginer un scénario possible et enchanteur... Et je m'empresse de contacter mes potentielles partenaires pour en savoir plus sur l'avancée de leur projet et surtout leur état d'esprit. J'appelle également cette autre connaissance qui aimerait créer un lieu permettant l'épanouissement au travail.

Ce sont des échanges vraiment riches car je découvre ce qui les anime. Chacune prend le temps de me conter leur vision et aspiration. Mais c'est la désillusion car je saisis ce dont m'avait parlé la gérante de l'espace de coworking : chaque lieu a son ADN. Comment se greffer au projet familial de cette copine ? Ou à cet hébergement que ma collègue veut positionner sur une clientèle luxe ? Il ne suffit pas d'avoir une vague idée commune. Un projet d'une telle envergure (au vu du prix du foncier dans notre région) nécessite impérativement d'être raccord à tout point de vue. Il doit motiver et fédérer dès le départ tous les associés du projet.


Snif, je suis à nouveau saisie d'un doute. Je me sens un peu perdue...


>> En écrivant ce journal de bord d'une reconversion, je réalise que j'arrive mieux à identifier mes émotions avec du recul. Mais sur le coup, elles sont difficilement identifiables, ce qui les rend encore plus difficiles à encaisser. Le Tip N°2 sera donc que raconter ses aventures sous forme de récit est un bel outil pour réussir sa réorientation professionnelle ;)



Se reconnecter à soi et son projet


Lorsque je suis désemparée, j'appelle ma coach ;) Elle m'aide à passer à l'étape suivante ! A travers ce très bel outil qu'est la spirale dynamique, elle m'invite à me libérer de certaines représentations du monde et certains mécanismes déployés au fil de ma vie. Cela m'aide à prendre des résolutions : mieux assumer mon intériorité, respecter mes singularités et agir pour moi-même.

Ainsi, elle m'invite à nouveau à me concentrer sur ce qui m'attire vraiment, à toujours me reconnecter à moi-même et à mes sensations physiques afin de me relier à mes aspirations profondes.

Pour cela, j'utilise la méditation que j'ai découvert et approfondi lors de courtes retraites dans des monastères en Savoie, en Thaïlande et au Japon et que je poursuis avec l'application "Petit Bambou" . Ces temps de pause matinale pour moi-même exercent mon cerveau à prendre du recul, voire même appuyer sur le bouton "pause" d'une scène qui ne me parait pas juste. Quel précieux outil !



Cette séance débouche sur une affirmation simple mais claire "j'ai envie de rejoindre ou de créer un écolieux". C'est concret, même si ça n'est pas encore précis. J'ai un vrai projet, je suis ouverte et à l'écoute des opportunités. Je dois simplement savoir me présenter. Alors, je peaufine mon pitch : "Je souhaite animer un lieu d'inspiration, orienté vers le voyage insolite et la rencontre authentique, permettant le partage entre passionnés et personnes en quête de sens". Proche de la Nature, ce lieu développerait la créativité ainsi que la connexion entre les gens, leurs projets et leur environnement. Acteurs du développement personnel, du bien-être, de la permaculture, de l'artisanat, de la transition professionnelle (...) insuffleraient une dynamique bienveillante aux participants, eux-mêmes acteurs du lieu.

Même si ça n'est pas encore finalisé, ça sonne comme une lettre de motivation prometteuse :) Il s'agit maintenant de partager mon projet et d'obtenir le soutien de mes proches.


>> Conseils N°3 : Formuler de façon audible et compréhensible son projet pour une nouvelle vie. Tout est question de perception et de présentation des choses. Tout d'abord, cela redonne confiance en soi. D'autre part, les quelques morceaux qu'on a mis bout à bout peuvent parfois résonner dans la tête (et le cœur) des gens... et mener vers un assemblage (le rêve !) ou simplement vers nouvelles pistes.

A quoi ça ressemblerait ?


Si je résume, ma future activité sera de faire vivre et animer un lieu qui a un SENS, une ÂME ! Selon ma perception, cela consiste à créer des synergies entre les gens et des connexions entre les idées. Bref, j'aspire à "faire émerger". On me demande alors si ce projet personnel et professionnel est d'avoir mon propre lieu ou s'il s'agit plutôt de générer une dynamique de communauté et de coordonner des événements. Hmm, bonne question. La deuxième option permettrait de pratiquer cette activité n'importe où... Instinctivement j'écarte cette approche.

Spoiler : l'avenir me fera revenir sur cette idée que j'ai gardé dans un coin de ma tête. Mais elle se développera plus tard, quand le projet aura mûri et que le mot "nomade" aura résonné dans mon esprit ;-)


Quand je partage avec mon amie Nina mon objectif de faire le lien entre développement personnel, nature, alimentation, pratiques corporelles.. elle me propose l'idée de festival ou évènement. Mais avant de partir sur des projets d'envergure, elle suggère d'abord de s'atteler à une version test, toute simple. Ça tombe sous le sens. Je pourrais ainsi voir si le concept fonctionne, mieux connaître les objectifs en termes de lieu, de format, d'animation... Alors je réfléchis à un weekend à organiser dans un premier temps à la maison avec des proches. Pour les intervenants, je liste déjà ceux de mon entourage  :

  • Romain pour s'exprimer en public et dévoiler ses aspirations

  • Ma coach

  • Mon sophrologue

  • Mon homme pour le repas végétarien et le pain bio

  • Moi-même pour une initiation au grounding et à la Communication non violente (je potasserai bien le sujet)

  • Claire, la chamane, pour une soirée libératrice au coin du feu

  • D'autres pro pour l'activité permaculture et DIY de cosmétique bio...


Une lueur brille dans mes yeux ! Ça fait un peu peur mais c'est excitant. Ok, je me lance pour la rentrée !


>> Tip N°4 : Au lieu d'alimenter les fantasmes (souvent associés à de multiples questionnements et problématiques supposées), toute reconversion peut simplement commencer à petite échelle. Vous rêvez de devenir artisan? Fabriquez quelque chose de vos mains et offrez-le pour voir le plaisir que cela procure. Vous souhaitez devenir prestataire de services? Commencez par proposer vos compétences à votre entourage. L'effet est immédiat et les actions (ou inactions) en découlent naturellement.

En attendant, c'est les vacances, et j'ai besoin de suivre le flow, d'accepter de m'ennuyer et d'apprécier les choses simples...



Et vous, où en êtes-vous dans vos idées de reconversion professionnelle? Avez-vous explorer de nouvelles pistes? Mes tips vous sont-ils utiles?

> Commentez cet article sur ce blog ou posez des questions sur notre page Facebook



Pour reprendre les épisodes dans l'ordre :