#5 – Une piste enthousiasmante - Journal de Bord d'une Reconversion

Mis à jour : avr. 30

Dans ma #4 quête d'un nouveau métier, j'ai pu cheminer grâce à la Parcoureo (portail pour s'orienter tout au long de la vie) et trouver une piste attirante suite à mon enquête métier. Je pars donc à la découverte du monde du coworking !




Printemps 2020


Dans ces recherches sur les espaces de coworking, je découvre le concept de « tiers lieux » : « espaces physiques ou virtuels de rencontres entre personnes et compétences variées, qui permettent l’émergence et la co-création de projets collectifs ». Je me plonge dans ce monde novateur et collaboratif qui regroupe dans une même et grande famille les espaces de coworking, les FabLab, les HackerSpace, les Repair'Café, les jardins partagés et autres habitats partagés (tels que les « Oasis » du réseau Colibris) ou entreprises ouvertes...


A la découverte des espaces de coworking et tiers-lieux


Je tombe sur cette vidéo très inspirante qui présente de nombreux lieux, tous plus enthousiasmants les uns que les autres ! Je découvre leur singularité, leur pluralité... Il en existe tellement en France ! Sur des thèmes aussi variés que l'alimentation/restauration alternative, les hébergements écologiques, l'agritourisme, les expos et événements culturels... Cette diversité me file le tournis ! Alors, devant une telle explosion d'informations, je décide de structurer mes recherches en créant une liste (sur un fichier Excel) et en ajoutant des annotations personnelles.


J'en parle autour de moi, le concept est encore méconnu. Mais Romain, un ami très actif pour « le monde de demain », me parle de l'Espace Darwin à Bordeaux, la référence en France. Très chouette en effet ! Mais c'est un projet d'envergure, beaucoup plus grand que celui auquel j'aspire. Au fond de moi, je sens bien que seule une structure à taille humaine pourrait me correspondre.


Que se passe-t-il près de chez moi dans ce secteur ?

Après ce tour d'horizon au niveau national, la prochaine étape est de se recentrer sur l'échelle locale. Il y a deux tiers-lieux dans ma ville qui m'interpellent, je m'empresse de contacter leur gérant pour en savoir plus.

  • L'un a un modèle totalement associatif. Tout est basé sur la motivation des personnes engagées dont l'objectif est le partage et l’économie circulaire. Ce lieu s'auto-suffit financièrement et n'a pas vocation à générer des bénéfices.

  • L'autre est orienté vers l'entrepreneuriat féminin et repose sur la valeur de sororité. Il existe depuis un an et commence tout juste à rémunérer sa fondatrice. Ça roule désormais et il vient d'être reconnu 'organisme de formation' afin de proposer des accompagnements aux professionnelles. L'ambiance semble détendue et conviviale. Enrichissant. J'adore la dynamique !

>> Encore une fois, je remarque avec quel plaisir les gens se rendent disponibles et bienveillants pour répondre à mes interrogations. Je ne peux que vous conseiller de faire des enquêtes métier ! Vous verrez combien vous serez éclairés, créerez des liens de qualité et gagnerez un temps précieux pour votre reconversion professionnelle. Les « vibes » ressenties auprès de la personne et sur le lieu peuvent plus rapidement être identifiées. Personnellement, j'ai souvent un peu de mal à mettre des mots sur ces ressentis car je cherche toujours une explication rationnelle, une justification à ces émotions... donc ça prend plus de temps. Mais si vous êtes plus intuitif, vous arriverez rapidement à identifier ce qui cloche et ce qui vous met en joie !

Après cette exploration assez approfondie du secteur, je réalise que certains tiers-lieux ont une vocation très (trop) sociale, un modèle très (trop) alternatif... Ce n'est donc pas évident de trouver celui qui m'inspire profondément.


Lorsque j'échange à nouveau avec Romain et lui fais part de mon égarement, il m'invite à rêver d'un lieu à mon image. Il me répète ce que m'avait confié la gérante de l'espace de coworking : chaque lieu a son ADN. A moi donc de trouver en quoi ce lieu refléterait mon identité et mes aspirations.





Créer une structure à mon image


Je commence alors à imaginer un espace à ciel ouvert, avec un jardin luxuriant, traversé par une mini-rivière de style jardin japonais. De grandes baies vitrées offriraient la joie d'un solarium envahi de plantes grimpantes et la douceur d'une véranda pour profiter en toute saison des rayons du soleil... A l'intérieur, le fil conducteur serait le voyage : une salle de réunion aux couleurs de l'Asie, un espace détente au rythme de l'Amérique Latine où l'on boirait des cafés colombiens, des mojitos cubains (...), et des bureaux modulables, dans une déco africaine. Il s'agirait d'un lieu de créativité, de bienveillance, de prise de conscience et de partage. On y trouverait des indépendants souhaitant un peu de convivialité ponctuellement, des salariés préférant télétravailler à la campagne plutôt que se farcir les bouchons jusqu'en centre-ville, des gens ayant soif de rencontres. Ce serait des sages-femmes, des comptables, des graphistes, des artisans, des sophrologues, des consultants... ayant des valeurs communes autour du respect de la Planète et des Hommes. Ils se relaieraient dans des espaces totalement modulables. A la pause déjeuner, on profiterait de massages sur chaise et participerait à des contest du meilleur guacamole ! Un système de troc serait en place pour échanger des services, des produits et du temps, à l'instar de l'association l'Accorderie. Ponctuellement, on y proposerait des événements culturels et des portes ouvertes pour découvrir des métiers et savoirs-faire.

Tous réunis autour de la conviction que chacun peut avoir un impact. Que nos prises de conscience nous aident et aident les autres à agir. D'où la nécessité de donner et recevoir des feedbacks constructifs. De se ressourcer en se connectant à la Nature, aux autres et à soi-même. Une sorte de Pôle d’Émergence.

Ça sonne comme un projet prometteur car, depuis la crise sanitaire, c'est le boom du télétravail. Bien situé, sur des axes très passants, proche de plusieurs villages, on permettrait d'éviter les embouteillages et de conserver cette qualité de vie qu'on a tous apprécié pendant le confinement.

Lorsque j'en parle avec enthousiasme (enfin motivée !) à ma sœur basée au Québec, elle évoque le statut de coopérative qu'elle envisage pour créer son activité à vocation sociale. En cherchant un équivalent en France, je découvre les « Sociétés Coopératives et Participatives ». Je me retrouve totalement dans cette vidéo présentant les SCOP. Il s'agit d'une structure participative et durable au "cœur démocratique"

  • avec un état d'esprit plus humain

  • où l'argent est juste un moyen de développer l'activité de façon responsable

  • où tout le monde progresse et en profite ensemble

Oui, c'est ça que je veux !!


Ma valeur ajoutée ?


Lorsque j'en parle autour de moi, on me demande « mais du coup, toi tu ferais quoi au juste » ? Je réalise alors que ce qui me plairait, c'est d'animer le lieu, créer du lien entre les gens, de faire en sorte qu'il y ait un partage d'expériences, une dynamique de groupe. Certains ne voient pas bien comment cela se valorise. Mais d'autres pensent le contraire, telles que Peggy qui me rappellent que ma vision et ma capacité à fédérer font ma force, ou encore Morgane qui me conte à quel point créer du lien en ces temps de virtualisation à l'extrême est absolument indispensable, et ça n'est pas de la compétence de tout le monde. Ces doux mots me touchent et me reboostent.




Trouver les ressources et se lancer


Pour passer à l'étape suivante, je tente de me rapprocher du réseau d'espaces de coworking « La cordée », recommandé par ma cousine Delphine. Mais visiblement, ils sont débordés par les enquêtes métier d'un nombre grandissant de porteurs de projet, ils ont donc carrément décidé de proposer une formation spéciale pour créer son propre lieu . Top !


Parallèlement à cela, une collègue me met en relation avec Adeline qui avait monté un projet similaire. Elle avait obtenu le soutien du Réseau Entreprendre qui accompagne financièrement et stratégiquement la création ou reprise d'entreprises prometteuses. Encore une personne qui accepte de partager un peu de son temps et beaucoup de son expérience avec moi. J'ai la chance de consulter son business model qui est vraiment béton. Mais elle m'apprend que ça n'a pas abouti du fait l'envergure et de la lourdeur d'un tel projet... Et pourtant, elles étaient deux dans cette aventure, dont l'une avait un bel apport financier. Aïe, je déchante.

En effet, dans notre région, le foncier est inabordable et l'idée n'est pas de se démener toute la semaine pour à peine réussir à rembourser les charges fixes...

Comment trouver des locaux abordables alors ? On me renvoie vers les collectivités territoriales. Je contacte alors la mairie de ma commune pour savoir si des lieux ne seraient pas disponibles à titre gracieux ou à loyer modéré pour générer une dynamique locale et attirer de jeunes travailleurs. Visiblement, rien de tel n'existe. On peut me donner une liste de propriétaires ayant des locaux à louer. On me parle d'un autre grand projet de coworking dans une commune non loin. Si je souhaite être un minimum soutenue, cela risque de tendre du côté social ou alors culturel mais ça n'est pas du tout mon envie... Je peux toujours solliciter un entretien avec le maire... Mais dans ce cas, il faudra avoir un projet déjà un peu plus construit - et certainement avoir un apport financier...




Après toutes ces étapes, faire le bilan


Ce qui m'enthousiasme : Créer un lieu alternatif, à mon image, sous un statut participatif (SCOP) qui me permette de rencontrer et créer une réelle dynamique autour de mes valeurs clefs : partage, authenticité, nature.


Ce qui me freine :

  • Les charges fixes du lieu qui seraient importantes

  • La difficulté de rentabiliser car visiblement les indépendants et télétravailleurs ne sont pas encore prêts à accorder un budget récurrent pour leur lieu de travail

  • La sédentarité : être fixée à un lieu m'effraie. C'est étrange, mais j'ai toujours peur de manquer de liberté, je refuse obstinément de m'ancrer quelque part

  • Les responsabilités qui découlent de ce nouveau métier, en individuel


Je ne sais pas encore tout à fait quel sera mon futur métier, quel poste ou quel emploi je veux mais cette transition professionnelle avance progressivement. Je me donne les moyens d'évoluer, notamment à travers mes recherches et mes rencontres. C'est un long chemin, où je sens que je progresse, même si parfois j'ai franchement l'impression de tourner en rond. Heureusement, lorsque je relative, je réalise que ce projet de reconversion nécessite simplement de mûrir :)




Je suis Aloha Clo, je viens en soutien à la promotion et la valorisation de la méthode de l'Art de l'Itinérance©. Dans ce blog, je partage avec vous le cheminement que je suis lors de ma transition professionnelle. Il s'agit de récits très personnels où je relate les événements clefs de mes évolutions mais aussi mes pistes de réflexions. J'espère sincèrement qu'ils vous mèneront vous aussi vers les bons questionnements, et, qui sais ?, vers de nouvelles pistes !


Pour reprendre les épisodes dans l'ordre :